Cette année, nous étions réunis à Compiègne pour l'AG d'automne de l'Association "Oise Apicole" (non, pas "l'Oise qui picole", "l'Oise A...picole" !.
Après nous avoir parlé d'un colloque auquel il venait d'assister, portant essentiellement sur les maladies et les nuisibles de la ruche, Marc, notre Président, nous a montré les dernières nouveautés commercialisées.
Ci-dessous : pour piéger le frelon asiatique, désormais présent jusque dans nos régions, un cadre qui se met sous la ruche, avec une entrée spécifique pour les abeilles, et des trous plus gros sur les côtés pour les frelons. Une fois entrés, le frelon se trouve piégé (système de cônes à l'intérieur qui l'empêche de ressortir) et la grille supérieure lui interdit l'accès à la ruche.
Points négatifs : entendre les frelons s'agiter en dessous d'elle ne manquera pas de stresser nos abeilles et de les perturber dans leurs occupations, et coût de la trappe : 48 € (par ruche).
Finalement, notre système de bouteille à l'envers avec la "potion magique" (bière/eau/sirop) restera encore quelques temps dans le rucher...
Autre nouveauté : tout apiculteur connaît au printemps le "stress de l'essaimage". J'explique : lorsque la ruche est trop peuplée (parce que la reine est en pleine forme et qu'elle pond sans relâche), une partie de l'essaim "se fait la belle" pour aller s'installer ailleurs. Comme il part avec la reine, l'apiculteur se retrouve avec une ruche "orpheline" qui va devoir élever une nouvelle reine, d'où perte de temps et rendement réduit pour la ruche. De plus, la reine qui est partie, si elle a été achetée, représente une "perte sèche" pour l'apiculteur.
Pour remédier à ce problème, il existe désormais une "cage" que l'on met à l'entrée de la ruche ; si la reine a des envies d'escapade, elle sort... et reste prisonnière des grilles : seules les abeilles, moins "volumineuses" peuvent passer au travers.
Et comme les abeilles ne partirons pas sans la reine, eh bien elle reviendront bien vite dans la ruche.
Pour que le système soit efficace, il faut cependant que l'apiculteur visite son rucher quotidiennement pour retirer la reine de son "piège" et la remette très vite dans nouvelle une ruche (ainsi il ne perd pas sa reine, et partage l'essaim devenu trop gros. Pas de perte de récolte, et création d'un nouvel essaim !
Point négatif : ici encore, le coût qui se situe à plus de 60 € (toujours par ruche...).
Nous avons ensuite eu un exposé de M. HAAS, agriculteur et membre de la FNSEA qui est venu nous parler des relations entre agriculteurs et apiculteurs et des partenariats qu'il serait possible de mettre en place afin que tout le monde travaille en bonne intelligence.
Il y a du pain sur la planche quand on voit que cette année, les abeilles ont "boudé" purement et simplement les champs de colza... vraisemblablement parce que les nouvelles graines sur le marché sont "auto-fertiles" et ne nécessitent plus la présence d'abeille... Et je ne parle pas des produits phyto-sanitaires ni des OGM...
La réunion s'est terminée par le traditionnel "verre de l'amitié" pendant que les photos du Canada défilaient sur l'écran.
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| Des lecteurs attentifs du "livre souvenir" du Canada |
Ci-après, l'article que nous avions envoyé à la revue "l'Abeille de France" et qui a été publié ce mois-ci :
60 - OISE - L'OISE APICOLE
OISE APICOLE au QUEBEC
En août 2014 au retour de notre voyage apicole en Slovénie où l’accueil des apiculteurs a été convivial, chaleureux et riche d’enseignements, la bonne ambiance au sein du groupe donna l’idée à notre Président Marc VALLEE de continuer ces voyages d’études couplés avec une curiosité touristique.
Et pourquoi pas le Canada et plus précisément le Québec ?
Coïncidence, nous rencontrons en France Mr MACLE Vice-Président de la Fédération des Apiculteurs du Québec. D’origine française nous finalisons le projet sur ses conseils en nous limitant à l’ouest de la Gaspésie avec la visite de cinq apiculteurs entrecoupées de lieux typiquement Canadiens.
Le 03 juillet 2015 nous sommes 40 à décoller de Paris Charles de Gaulle pour Montréal.
Les visites d’ apiculteurs se sont enchaînées logiquement depuis le jeune apiculteur en cours d’installation, jusqu’à Intermiel, très grosse exploitation apicole.
Le 05 juillet nous sommes à LEVIS chez Scott Plante, jeune apiculteur avec 700 ruches, lors de notre visite 460 de ces ruches se trouvaient au lac St Jean : 70% de son chiffre d’affaires provient de la pollinisation sur les : « bleuets », canneberges, pommiers etc….
Scott Plante heureux de présenter aux Français son exploitation.
Le 06 juillet nous sommes tous impatients d’aller voir les baleines sur le Saint Laurent à Tadoussac. Seront-elles au rendez-vous ?
Nous n’avons pas été déçus, il y en avait partout : bélugas, petit rorqual et rorqual commun.
Le 08 juillet, visite de la miellerie : Château Blanc à Rimouski.
Entreprise familiale, elle possède 40 ruchers de 12 ruches, la récolte moyenne par ruche est de 50 Kg le record a été de 150 kg. Il change ses reines tous les ans (Les achète en Californie). La première récolte a lieu en juillet avec le pissenlit, la dernière se situant vers le 15 septembre. Lorsque les hausses arrivent, elles passent en chambre chaude pendant 2 jours. Puis le miel est désoperculé grâce à un rouleau chauffant qui fait fondre la cire. Après extraction le miel est chauffé à 35/40° pendant 4 heures avant d’être conditionné.
Mr Lechasseur présente ses Langstroth
Après une visite aux jardins de Métis créés en 1887 sur 8 hectares, le 09 juillet nous sommes accueillis au Centre de recherches en sciences animales de Deschambault . Les missions de ce centre portent sur le développement durable et la diversification des productions, l’approche des chaînes de valeurs, le bien-être animal. Concernant la branche apicole le CRESAD a 350 ruches disséminées autour du Québec et commercialise 1750 kg de miel par an. Ils ont 28 projets apicoles dont par exemple :
La plantation de haies brise-vent mellifères le long des champs.
La surveillance des causes d’intoxication des abeilles.
Les marqueurs génétiques.
Nutrition et la santé des abeilles.
Des recherches pour éradiquer l’Aethina tumida
Pierre Giovenazzo et son chef de Centre
Le 10 juillet, nous nous présentons à la miellerie Gardner.
Alexandre Gardner nous présente son exploitation apicole, qu’il exerce à mi- temps, continuant son métier de professeur.
Il possède 250 ruches, vend son miel au détail, des essaims, il effectue la transhumance sur le pissenlit, le bleuet, le trèfle, la verge d’or et le sarrasin.
Alexandre Gardner présentant à notre Président le cadre à mâles en plastique.
Le 11 juillet nous sommes à St Hyacinthe à l’entreprise Gauvin créée en 1940, cette entreprise familiale de 600 ruches est surtout occupée par la pollinisation qui leur rapporte 60 dollars canadiens par ruche.
Mr Gauvin père au milieu du groupe de l'Oise Apicole.
Et le 12 juillet nous prenons la direction de Mirabel au nord de Montréal et arrivons chez Viviane et Christian MACLE, fondateur d’Intermiel. (Que nous avions rencontrés en France en février 2014).
Leur histoire est peu banale : Ils sont tous les deux enseignants, lorsqu’en 1969, ils quittent la Picardie pour s’installer au Québec. Ils achètent le terrain où est implanté Intermiel en 1976, ils possèdent alors une centaine de ruches. Christian se consacre à plein temps à l’entreprise dans les années 1980, Il ne commercialise alors que du miel. A partir des années 1990, il lance une gamme d’hydromel, puis se diversifie en produisant du sirop d’érable. Viviane le rejoint alors et décide d’ouvrir un espace pédagogique pour familiariser les enfants à l’apiculture. Elle débute avec 200 jeunes, aujourd’hui elle est entourée de 9 animateurs et 13 000 enfants visitent annuellement la ferme, qui présente désormais des animaux tels que chèvres, moutons, volailles.
Les adultes ne sont pas oubliés non plus, puisque 100 000 visiteurs sont accueillis annuellement pour visiter la ferme, ouverture d’une ruche, visite de l’hydromellerie, la distillerie et les installations de fabrication de sirop d’érable, avant de terminer la visite par une dégustation des produits élaborés sur place.
Intermiel c’est aujourd’hui l’exploitation de 5000 ruches, une érablière de 15000 entailles et un verger de 600 pommiers (ils produisent également du Chouchen).
Depuis 2006, leur fille Eléonore et son mari ont rejoint l’exploitation. Eléonore qui a une formation de commerce international a développé un vaste réseau commercial, notamment vers la Chine et le Japon.
Viviane et Christian MACLE recevant des mains de notre Président Marc Vallée une bouteille de Bordeaux en souvenir de leur pays natal.
Encore un grand merci à Christian MACLE malgré ses multiples occupations a bien voulu nous organiser ce voyage Outre Manche qui s’est merveilleusement bien passé dans la bonne humeur.
Bernadette D et Jean Claude B de OISE APICOLE
Franchement, j'envisage une reconversion en "guide de voyages" ;-)