mardi 2 septembre 2014

25 juillet 2014 - Fouras et Fort Boyard...

Et voilà, les vacances s'achèvent... notre dernière excursion se fait en famille. Nous nous rendons à Fouras, afin d'y prendre le bateau pour découvrir Fort Boyard de près.

Nous prenons place à bord de "Fée des Iles II" (tout un programme...) et partons pour 1h00 de croisière.

Nous passons tout d'abord à proximité du Fort Enet, qui avait pour but de protéger l'arsenal de Rochefort au 17ème siècle.
Il fut vendu à un particulier en 1960 pour quelques milliers de francs seulement... c'est toujours une propriété privée, mais qui se visite à certaines périodes de l'année et qui est accessible à marée basse depuis Fouras.

Nous passons ensuite auprès de l'île d'Aix, qui compte 230 résidents à plein temps.
Rendue célèbre par Napoléon, qui y séjournât en 1815 avant de s'exiler.
L'activité principale de l'île est l'ostréiculture, et c'est un lieu touristique particulièrement protégé, puisque la circulation automobile y est interdite.
Fort La Rade (aujourd'hui centre de vacances) fut construit sous les ordres de Vauban :
Et nous arrivons en vue de Fort Boyard ! P'tit Ado est content... depuis le temps qu'il veut le voir "en vrai"... et en attendant qu'il fasse les épreuves (surtout celles avec les araignées...) nous découvrons la résidence principale du Père Fouras et de Passe-Partout (au fait, nous avons croisé ce dernier lors de notre balade à Rochefort... on l'a bien reconnu... à cause de sa coiffure LOL. Non, blague à part, c'était bien lui, et avec une superbe nana en plus, à rendre l'Homme jaloux de ne pas mesurer 1m30 ;-))))))
Bon, alors Fort Boyard, pour tout vous dire, je le croyais BEAUCOUP plus grand... mais ça doit être parce qu'il est perdu au milieu de l'océan. Parce qu'il mesure quand même 68 mètres sur 30, et qu'il culmine à 20 mètres au dessus du niveau de l'eau...
La construction du fort débute en 1804, sous les ordres de Vauban, afin de protéger l'arsenal de Rochefort. Pour de mener à bien ce projet titanesque (les blocs de pierre qui servent de base au fort ont été extraits de l'île d'Aix et transporté sur le site en gabarre....), on construit un camp de base sur l'île d'Oléron : c'est la naissance de Boyarville.
A la fin de l'année 1804, 11.000 m3 de pierres sont déversées sur le site... à la fin de l'année suivante, ce sont 26.000 m3 qui sont en place... un premier mur est construit pour tester sa résistance aux vagues... ça n'est pas concluant et tout s'écroule...
En 1806, on en est à 38.000 m3 et la plateforme est visible à marée basse. De nouvelles tentatives de constructions échouent, les ouvriers se mutinent, le projet "tombe à l'eau" (sans jeu de mot !)
Les travaux reprennent quelques années plus tard, sous le règne de Louis-Philippe. Les techniques de construction ont évolué, et en 1857, le fort est achevé.
Conçu pour permettre à 250 hommes d'y vivre en autarcie durant 2 mois, il ne fut jamais utilisé comme cela était prévu, du fait de l'évolution des armes de guerre et de l'augmentation de la portée des canons. Il sert de prison, et sa destruction est même envisagée.

Durant la seconde guerre, il sert de cible d'entraînement aux Allemands...
En 1950 il est inscrit aux Monuments Historiques. Mis aux enchères en 1962 pour 7.500 francs, il est remporté par un dentiste Belge pour 28.000 francs. Ne sachant quoi en faire, et n'ayant pas les moyens de le remettre en état, le fort est renvendu, en 1988, pour 1,5 million de francs, à une société de production de jeux télévisés qui le revend aussitôt pour 1 franc symbolique au Conseil Régional de Charente Maritime... on connaît la suite... actuellement, plus de 70 pays utilisent le fort pour des jeux.

Petit tour en vidéo autour du fort : Vidéo Fort Boyard

Nous prenons la route du retour et longeons la côte "sauvage" de l'île d'Aix.


Et juste avant l'entrée de Fouras, nous pouvons voir quelques carrelets, typiques de la région. C'est un filet carré, qui est descendu dans l'eau au moyen d'un treuil depuis un ponton qui avance sur la mer.
Les propriétaires de carrelets doivent payer une redevance annuelle à l'Etat. Celle-ci augmente avec une régularité d'horloge, contraignant certains petits pêcheurs à se séparer de ces endroits où ils aimaient se réunir en famille...
Notre "guide" nous a également parlé de l'envolée des prix sur l'île de Ré, où des "bo-bos" sans scrupules ont envahi l'espace. Désormais, beaucoup de résidents sont soumis à l'ISF à cause de la flambée des prix de l'immobilier, et n'ont plus les moyens d'habiter "chez eux"... un comble... D'ailleurs, le prix du passage du pont pour aller de l'île au continent est révélateur : 17 € l'aller-retour en saison... à l'origine, le péage a été mis en place pour financer sa construction... il y a belle lurette que c'est amorti, mais le péage n'a pas disparu... cherchez l'erreur !

La seule solution ? Faire comme dans les lieux où les photos sont interdites : boycotter !!!!!

lundi 1 septembre 2014

24 juillet 2014 - Dampierre sur Boutonne : le château et l'asinerie du baudet du Poitou

Les vacances touchent à leur fin... nous passons notre dernière journée continue à Dampierre sur Boutonne, petite bourgade de la vallée de la Boutonne, située à une vingtaine de kilomètres de notre lieu de résidence.

Nous visitons tout d'abord le château :

Le premier château fut édifié il y a plus de 1.000 ans sur un site gallo-romain. Aux 12 et 13ème siècles, sous le règne des Plantagenets, le château renforce ses fortifications pour faire face aux armes nouvelles. Puis au 15ème siècle, le château perd son côté "château fort" pour rendre les atours d'un château "renaissance". L'étage supérieur de la forteresse est modifié pour créer une double galerie à caissons
aux décors ésotériques
Aux 16 et 17ème siècles le château est modifié pour abriter une garnison, puis est transformé en demeure de plaisance au temps du Roi Soleil. Le parc est créé.
Différents propriétaires se succèdent jusqu'en 1923, où Jean Texier entreprend le sauvetage du château dont l'état laisse fort à désirer. La restauration a continué sous l'impulsion de son fils, puis de son petit-fils.
Un grave incendie, occasionné par un court-circuit, ravageât le château en 2002, provoquant d'importants dégâts sur les caissons de la galerie, comme le prouve ce caisson "témoin" non restauré.

Les travaux de restauration furent titanesques et ont nécessité un travail minutieux pour rendre aux caissons leur faste d'origine
On voit ici le "puzzle" pour reconstituer la scène...

Dans le grenier du château, il y a une exposition de livres sur l'histoire du château et de la galerie, mais également des documents, manuscrits et livres, qui ont été détruits par l'incendie.
Vue de la toiture, entièrement restaurée après l'incendie :
Les photos étant interdites à l'intérieur du château, nous avons donc "boycotté". Cependant, par les fenêtres, il était possible d'avoir un aperçu de l'ameublement.
L'entrée :
La salle de réception :
Le salon :
Le palier :
L'une des chambres :
Dans les jardins, d'étonnantes sculptures ponctuent la promenade : dans la partie "jachère", consacrée à Merlin, nous découvrons un dragon de métal :
Dans la partie "Renaissance", on trouve des sculptures contemporaines :

ainsi qu'un labyrinthe végétal :
dans lequel l'Homme s'est aventuré, pour aller voir de plus près à quoi ressemblait le cadran solaire central :
Nous avons vérifié : il était à l'heure !

A l'entrée du château, dans un petit pavillon dont je ferais bien mon ordinaire :
il y a une exposition de costumes d'époque :

Après un excellent déjeuner dans le seul restaurant du village, à l'ombre d'un chêne majestueux, nous parcourrons quelques kilomètres pour nous rendre à l'Asinerie du Baudet du Poitou :

Le Baudet du Poitou, en se reproduisant avec une jument de trait poitevine, donnait naissance à la mule poitevine, robuste, grande et charpentée, très efficace pour les travaux des champs. La modernisation des techniques agricoles au milieu du 20ème siècle a entraîné la disparition progressive de ces trois animaux.
Créée il y a 30 ans, cette ferme labellisée "pôle nature" met en oeuvre un plan de relance et de valorisation de cette race asine qui retrouve petit à petit une place dans l'utilisation au quotidien : bât, traction, attelage ou équitation.

Une jument poulinière nous accueille :



Tandis qu'un peu plus loin, je tente de faire "ami-ami" avec un baudet :


Ici, un enclos de mâles :

Et là une maman et son petit, né en mai :
Une autre maman et un autre petit :
Les petits sont "trop choux"... mais les adultes font un peu "négligé" avec leur rastas qui pendouillent...

Et puis avec les 25° ambiants, on a chaud pour eux !...





23 juillet 2014 - Saintes

La ville de Saintes a plus de 2.000 ans... Le plus ancien vestige de la ville est l'amphithéatre, construit en 40 après JC (JC = Jésus Christ, en aucun cas Jean-Claude !!!!).
Comme nous n'avons que quelques heures devant nous, nous concentrons notre visite au centre historique de la ville.
Il reste quelques maisons médiévales à colombages (15ème siècle)

Le quartier Saint-Louis surplombe la ville. Le "logis du gouverneur" :
est l'unique vestige de la citadelle du 17ème siècle. Il fut ensuite transformé en hôpital, jusqu'en 2007, date à laquelle le site a fermé, dans l'attente d'une réhabilitation qui devrait s'étaler jusqu'en 2030...

Du belvédère qui s'étend devant le logis du gouverneur, nous découvrons la ville.

La cathédrale Saint Pierre dans un écrin de verdure :
L'actuelle cathédrale fut bâtie au 11ème sicèle, sur un sanctuaire paléochrétien datant du 7ème siècle et qui fut détruit par un incendie. Au 15ème siècle, son mauvais état entraîne l'effondrement des voûtes, ce qui pousse le clergé à entreprendre d'important travaux de restauration et de restructuration. La nouvelle cathédrale s'élève alors sur 3 niveaux. Elle est presque terminée lorsqu'éclatent les guerres de religion... En 1568, les troupes huguenotes la saccagent et pillent le mobilier. La nef s'effondre...
La reconstruction débute en 1585 et les travaux sont interrompus faute de moyens, c'est la raison pour laquelle ont peut encore voir des arc-boutants donnant sur le vide. Une seconde campagne de reconstruction débute en 1660. Elle est classée monument historique depuis 1862.

En tournant le dos à la cathédrale, nous découvrons la basilique Saint Eutrope., fondée en 1081 et étape importante sur la route de St Jacques de Compostelle.
Le prieuré est définitivement fermé à la Révolution. La basilique est considérée comme un chef d'oeuvre de l'art roman Saintongeais, mais elle bénéficie également d'une flèche de style gothique flamboyant, qui culmine à 80 mètres. Elle fut classée aux monuments historiques en 1840, et fait partie du patrimoine mondial de l'Unesco au titre des chemins de St Jacques de Compostelle en France.

Dans le quartier Saint-Louis, totalement désaffecté, les murs de l'hôpital sont mis à la disposition des jeunes du quartier pour faire des grafitis. Ils s'en donnent à coeur joie, et il faut reconnaître qu'il y en a qui ont un certain talent :
Nous redescendons dans la vieille ville et nous arrêtons dans les jardins de l'ancien couvent des Jacobins, reconverti en médiathèque.
Fondé au début du 13ème siècle, le monastère abrite une communauté de dominicains jusqu'à la Révolution. Vendu comme bien national, il est transformé en maison particulière dont le propriétaire, négociant de Cognac, constitue une impressionnante bibliothèque, qu'il lègue à la municipalité à sa mort, ainsi que la propriété, qui fut inscrite aux monuments historiques en 1987.
Nous passons sur la rive droite de la Charente, pour aller voir de plus près "l'arc de Germanicus". Erigé en 18-19 après J.C., il marquait la fin de la grande voie créée par Agrippa pour relier Lyon à l'Atlantique. Il a été sauvé de la destruction par Proper Mérimée lors de la démolition du vieux pont en 1843. Il fut alors démonté, restauré puis remonté non loin de son emplacement initial.
Juste à côté de l'arc, se trouve le musée archéologique, installé dans les anciens abattoirs du 19ème siècle. Ce musée présente un certain nombre d'éléments décoratifs de l'Antiquité.
Nous terminons notre balade par l'Abbaye aux Dames... moi, la seule que je connaissais c'était celle de Caen... visitée quand j'étais en 5ème avec toutes mes petites copines de l'école privée que je fréquentais à l'époque...
Bref, revenons z'à nos moutons... donc l'Abbaye aux Dames de Saintes est une ancienne abbaye Bénédictine édifiée en 1047 dont le but était d'instruire les jeunes filles de la bourgeoisie. Elle décline peu à peu jusqu'à être transformée en prison à la Révolution.
L'abbaye est construite autour de l'église Sainte-Marie, datant 12ème siècle, dont le clocher "en pomme de pin" en fait un monument emblématique du roman Saintongeais.
Les bâtiments de l'abbaye abritent aujourd'hui un centre culturel.