Nous embarquons à 9h30 sur le traversier qui va nous conduire de St Siméon à Rivière du Loup.
La traversée dure environ 1h30. Ce matin, il ne fait pas très chaud. Quelques courageux restent sur le pont
tandis que les frileux (dont je fais partie) se regroupent à l'intérieur. Certains aperçoivent des phoques et quelques Belugas au cours de la traversée.
Nous débarquons à 10h45 à Rivière du Loup. Ici, "loup" fait référence à l'animal marin de la famille des phoques et non à celui qui vit dans les forêts. Nous entrons dans la région de la Gaspésie (qui signifie "le bout de la terre"), située au nord-est du pays.
Nous arrivons à "Trois Pistoles" qui doit son nom aux pièces de monnaie utilisées au XVIème siècle. La création de la ville remonte à 1696. Elle est aujourd'hui en déclin suite à la fermeture de nombreuses entreprises ; elle essaye néanmoins de rebondir grâce au tourisme.
Le restaurant est voisin d'une petite surface, nous en profitons pour aller y faire un tour et approvisionner P'tit Ado en barres de céréales car il a parfois du mal à trouver son bonheur à table...
La salle "buffet" où nous déjeunons :
Nous prenons ensuite la direction du Parc National du Bic, où nous attend notre guide local, Camil, qui est plein d'humour : il nous accueille en nous disant que pour "se péter les bretelles" la région de Québec peut se vanter d'avoir le plus long estuaire au monde (370 km). C'est également l'un des plus longs fleuves : 1.140 km sans tenir compte des grands lacs. Le ton est donné, il ponctuera son récit d'anecdotes rigolotes.
 |
| Le Parc National du Bic |
Avant la création du parc, en 1984, il y a eu ici des fouilles qui ont mis à jour un site archéologique avec des traces de présence humaine remontant à 8.500 ans.
A la question "quelle est l'origine du nom Bic", Camil a deux réponses (en fait, il a toujours deux hypothèses à proposer, ainsi chacun est libre de choisir celle qui lui convient le mieux !) :
- Cela viendrait d'une déformation du mot "biec" qui en vieux Français signifiait "pointe de terre"
- Champlain, en découvrant le lieu, l'a nommé "le pic" qui serait devenu "bic" là encore par déformation lexicale.
La vocation du parc national est de :
- protéger le milieu naturel (interdiction de ramasser pierres ou végétaux)
- réaliser un inventaire complet de la faune et de la flore et suivre son évolution
- promouvoir l'endroit en organisant des visites commentées par des naturalistes (ce que nous faisons aujourd'hui avec Camil).
Ici, l'estuaire du St Laurent a une largeur de 34 km. et les marées modifient continuellement le paysage en érodant certains secteurs, en créant des falaises et en soulevant d'énormes pierres lors des périodes de grands froids, qui vont se déposer parfois très loin, lors du dégel.
 |
| Nous sommes à marée basse, il fait chaud, donc de la vapeur se forme au ras du sol... cela a un petit air fantomatique... |
Ainsi, Camil nous explique, très sérieusement, que l'office de tourisme a un mal fou à changer les pierres de place chaque année, pour amuser les touristes...
Nous passons devant l'île d'Amours :
 |
| l'île se trouve à gauche, là où les arbres forment un menhir allongé... |
Les deux hypothèses de Camil sur l'origine du nom de l'île :
- Elle doit son nom au Sieur Mathieu d'Amours, Major de la ville de Québec à partir de 1652 ;
- Elle rend hommage aux amoureux, qui se retrouvent bloqués quelques heures à cause de la marée, et qui sont contraints de trouver des occupations en attendant que l'eau descende....
La faune du parc est nombreuse : phoques, cervidés (orignaux, cerfs de Virginie) qui trouvent dans les végétaux des berges le calcium dont ils ont besoin, renards, lynx, lièvres, porc-épics...
Le site est sur une tourbière naturelle, où poussent de nombreuses variétés d'orchidées, de plantes carnivores (moi qui croyais qu'on en trouvait qu'en milieu tropical...), de plantes alpines, de salicornes ou de gesses maritimes.
La forêt est composée d'érables, bien sûr, mais également de hêtres, de frênes, de chênes (dont le chêne rouge), de pins blancs et de sapins, appelés ici "épinettes noires", de peupliers...
Nous arrivons à la baie du "ah ah"...
Je suis sûre qu'il y a parmi vous des petits curieux qui veulent savoir "pourquoi"...
- Le bruit des vagues qui évoque un rire "ah ah"...
- La légende locale qui raconte qu'une femme dont l'enfant était malade voulait le conduire chez le médecin à Rimouski. Elle prit la baie comme un raccourci mais fut ralentie par les amas de pierres, nombreux à cet endroit. Elle fut prise par la marée montante et son enfant fut emporté par les vagues : ce sont les pleurs de la mère qui ont donné son nom à la baie...
Nous nous arrêtons à la "Ferme Rioux" qui fut une ferme agricole et qui est aujourd'hui un espace pédagogique et de culture avec des expositions de créateurs Québécois.
 |
| P'tit Ado s'est fait un nouvel ami ;-) |
Quelques vues du parc :
 |
| Ici, le vent souffle parfois très fort... |
Nous reprenons le car pour rentrer à Rimouski où nous passerons la nuit.
 |
| Petit village traversé avant d'arriver à Rimouski |
En 1950, Rimouski a été partiellement détruite par un incendie, alimenté par des vents violents. Le feu avait pris dans un entrepôt de bois, et 230 maisons ou immeubles ont été détruits.
Il ne reste que quelques rues du quartier ancien, tout le reste de la ville est récent.
En partant dîner, Angelo et son épouse se font "péter les bretelles" ;-)
 |
| Ici, quand on part en vacances, on emmène ce qu'il faut ! |
Regardez ce qui nous attendait dans la salle du restaurant :
 |
| Y a pas à dire, ici, tout est démesuré ! |
Et pour le plus grand bonheur de P'tit Ado, une assiette qui lui convient bien :
La prochaine fois : 8 juillet : visite de la miellerie "Le château blanc"