mercredi 28 mai 2014

Opération... boudin noir !

En fin d'année dernière, Jeannot a "testé" une recette de boudin noir. Perso, le dernier boudin noir que j'ai mangé en me régalant remonte à... pas mal d'années : à côté de chez mes parents, il y avait une charcuterie "artisanale", où le charcutier faisait lui-même sa charcuterie... je sais, je vous parle d'un temps.....
Bref, le boudin noir de Jean (le charcutier), c'était "quèque chose". Mais depuis qu'il est en retraite, que la charcuterie est transformée en maison d'habitation, eh bien impossible de trouver du "bon" boudin. Soit il est sec, soit il est gras, soit il est salé, bref, il y a toujours quelque chose qui cloche.
En ce qui concerne l'Homme, c'est pareil : le dernier boudin qu'il a mangé en le trouvant bon, c'était en vacances quand il était ado, en Touraine.
Donc on a décidé que le boudin, on aimait pas (plus) !
Mais c'était sans compter sur Jeannot !. Quand il a eu fait son "essai", il nous en a donné pour "goûter"... et on en a redemandé ! Et on a dit qu'on voulait apprendre à en faire aussi... non mais des fois !.
Eh bien voilà, c'est chose faite.
Mercredi dernier, opération "boudin noir".
Le reportage qui suit est un peut "gore". Il convient donc d'éloigner les jeunes lecteurs LOL.
Prêts ? On y va !
Tout commence par une séquence "émotion" : on pleure beaucoup.
Pourquoi ?
Parce qu'il faut éplucher des oignons... beaucoup d'oignons...
et les hacher
avant de les mettre à cuire doucement, en remuant souvent, sinon ça attache !!!!
Ensuite, il faut de la panne de porc. La panne est la graisse qui entoure la paroi abdominale et les rognons du porc, et qui sert à faire le saindoux :
Seul inconvénient : la panne est "accrochée" sur une membrane transparente, qu'il faut retirer sous peine d'avoir des "fils" dans le boudin. On commence par bien aplatir la panne, puis on décolle la membrane
Voilà à quoi ressemble la panne une fois "nettoyée" :
 On la coupe en longues lanières
avant de faire de tous petits carrés (c'est ce qu'on retrouve comme "blanc" dans le boudin).
Nos oignons réduisent gentiment... je les surveille de près, car dès que j'ai le dos tourné, ils en profitent pour attacher !
La veille, Jeannot avait cuit des têtes de porc au bouillon, puis les avait désossées, avant de les hacher menu.
Cela "liera" la préparation, et évitera au boudin d'être farineux et de réduire la quantité de panne. Ainsi, le boudin sera moins gras.
Une fois que les oignons sont cuits, on ajoute la panne,
et on "touille" pour mélanger !
On ajoute ensuite le sang (c'est là que le "gore" commence... regardez la main de l'Homme !)
Et on re-touille :
 On ajoute l'assaisonnement : sel, poivre et quatre épices :
Et on re-re-touille :
Là, c'est sérieux : Jeannot ne rigole plus !
Voilà, c'est prêt, il ne reste "plus qu'à" mettre en boyaux.
Ca y est, Jeannot en a fichu partout ! Si les "experts" se pointent, on est pas dans la panade...
Bertrand "tourne" le boyau pour former les boudins... j'voudrais pas dire, mais lui aussi, il en met partout !
Et voilà le travail, les boudins sont prêts pour être mis à cuire dans de l'eau bouillante, pendant 20 mn,
avant d'être "rafraîchis" pour que la graisse ne s'amalgame au même endroit lors du refroidissement :
Enfin, on les suspends pour "égouttage" et refroidissement :
Bon, je vous l'accorde, on a fait fort : nous nous sommes partagé... 37 kg de boudin... à 3 !. Mais tant qu'à en mettre partout, autant que ça vaille le coup !.

On a bien bossé, on a pas amusé le terrain, mais on est contents de notre production... parce qu'on y a déjà goûté... ben il est aussi bon que celui de Jeannot LOL





samedi 24 mai 2014

La miellée de printemps...

Cette année, et pour la première fois, j'ai "assisté" l'Homme lors de la miellée.
Il faut dire que j'ai une passion très, très modérée pour les insectes en général, bien que je les respecte pour leur travail et leur utilité... mais à condition que ce soit le plus loin possible de ma petite personne !

Nous avions constaté que les champs autour du rucher étaient recouverts de colza. En toute logique, les abeilles y ont butiné et ont engrangé une provision de miel... de colza... dont la particularité est de cristalliser très vite. Il faut donc que l'apiculteur se dépêche de faire la miellée, sans quoi le miel cristallise dans les alvéoles et ne peut plus être extrait !.

L'Homme était allé récupérer les hausses un soir, et dès le lendemain soir (quand les abeilles sont couchées, pour ne pas se faire attaquer), nous avons extrait.

1ère étape :






Il faut désorperculer les alvéoles, à l'aide d'un "peigne" afin que le miel puisse couler.

2ème étape :


On installe ensuite les cadres dans la centrifugeuse. On fait tourner très vite, pour que le miel sorte des alvéoles. Vous comprenez pourquoi, plus il est liquide, mieux c'est !

3ème étape :

Le miel s'écoule, de la centrifugeuse dans un seau.

4ème étape :
On "filtre" afin de retenir les particules de cire et les impuretés.

5ème étape :
On met en pot !.

Et voilà, il ne reste plus qu'à coller les étiquettes... et à a déguster !.

Quant aux abeilles, il faut maintenant qu'elles travaillent pour la miellée d'été !.

vendredi 16 mai 2014

Des Côtes d'Armor au Morbihan - Episode 7

Nous sommes arrivés dans les Côtes d'Armor sous la pluie, nous les quittons... sous la pluie... pour nous rendre dans le Morbihan, chez nos amis Martine et Louis.
J'ai déjà parlé de leur adorable petite maison "bleue", typique Bretone :
C'est le soleil qui nous accueille, mais pas pour longtemps hélàs...
Martine a le souci du détail. Comme Pâques n'est pas très loin, elle a laissé les décos à notre attention :
Sur la table de jardin, poules, lapins et oeufs de Pâques sont au rendez-vous.

La table du repas n'est pas en reste :
Après le déjeuner, nous partons en balade. Il fait gris et le vent souffle fort, mais ça ne nous décourage pas !. Nous nous rendons sur la plage de Billiers, sur l'estuaire de la Vilaine.
Nous arrivons  la pointe de Pen Lan, où un corps de garde fut construit au 16ème siècle pour surveiller les côtes.
Après la seconde guerre, le site est déserté... et sert de décharge !
Un armateur des Côtes d'Armor (encore eux ;-))) rachète les lieux et entame des travaux de remise en valeur.
Peu à peu, un complexe hôtelier prend tournure pour donner naissance au "domaine de Rochevilaine".
C'est aujourd'hui un "Spa hôtel" renommé.
Ca souffle... Attention à ne pas s'envoler !
Nous parcourrons quelques kilomètres pour nous rendre à La Roche Bernard (clin d'oeil à ma copine Anne...) petite cité accrochée sur la rive de la Vilaine.
L'histoire débute en l'an mil (ça ne nous rajeunit pas...) quand le viking Bern-Hart (ce qui signifie "fort comme un ours") établit son donjon sur le promontoire rocheux qui domine la Vilaine. La Roche Bernard est née. Le commerce du sel en fait une cité prospère (yop la boum...).
Au 17ème siècle, sous l'ordre du Cardinal de Richelieu, La Roche Bernard abrite un important chantier de construction navale duquel sortira le premier vaisseau de ligne à trois ponts de la marine royale. D'autres vaisseau, notamment consacrés à la traite négrière, contribuent à la prospérité du port.
Durant la Révolution, la ville est envahie par 6.000 Chouans. Les archives publiques sont détruites et les deux chefs républicains sont emprisonnés.
Canon du vaisseau "le juste" qui a vécu de grandes batailles au 18ème siècle
Au 19ème siècle, l'activité portuaire atteint son apogée : sel, vin, chaux mais également construction navale. Au début du 20ème siècle, l'activité décroît rapidement suite au développement ferroviaire. La cité connait alors une crise économique majeure. Puis, durant la seconde moitié du 20ème siècle, la ville connaît un nouvel essor avec la navigation de plaisance.

La vieille ville est parcourue de venelles anciennes, bordées de maisons du 16ème ou 17ème siècle.
La promenade du Ruicart
La rue des saulniers
Une sculpture originale pour promouvoir un artisan fabricant de bijoux...
Le château des basses fosses qui abrite le musée de la Vilaine maritime
Comme il s'est mis à tomber des cordes, nous avons terminé la soirée dans une excellente crêperie d'un petit village (Le Guerno pour ceux qui connaissent la région)... On avait besoin de remontant...

Nous avons repris le chemin de la maison le lendemain matin... enchantés de notre escapade.
Bon week-end à tous !

dimanche 11 mai 2014

St Jean du Doigt - épisode 6

La dernière excursion que je vous fais partager nous conduit à St Jean du Doigt, dont le nom provient d'une relique supposée être l'index de St Jean Baptiste. Selon la légende (no comment...) c'est un jeune homme de Plougasnou qui aurait rapporté de Normandie, en 1437, cette phalange qui fut par la suite authentifiée par le Duc de Bretagne en personne, et par plusieurs évêques.

Mais la première chose que l'on remarque en arrivant de ce petit village (un peu plus de 600 habitants), c'est l'enclos paroissial :
Une église monumentale, entourée de son cimetière, un arc de triomphe, une fontaine, un calvaire, un ossuaire et un oratoire qui forment un ensemble gothique flamboyant.

On pénètre dans l'enclos par l'arc de triomphe (du 11ème siècle), qui symbolisait le passage du profane au sacré. C'est une arcade gothique fleuronnée, encadrée de deux niches abritant St Jean Baptiste et St Roch. Elle ne s'ouvrait autrefois que pour les mariages ou les enterrements. Les autres jours, les fidèles passaient par la petite porte à échalier située à droite.
Savez-vous ce qu'est un échalier ? C'est une dalle de pierre située en haut d'un escalier, et qu'il faut enjamber pour passer de l'autre côté...
Bizarre me direz-vous ! Eh bien non, c'est pour empêcher le passage des animaux... en un mot, ça remplace une porte, mais c'est beaucoup moins pratique ;-))))
La fontaine (à gauche) est formée d'un grand bassin circulaire orné de têtes de lions et de trois vasques superposées. L'eau jaillit de la vasque supérieure, tombe dans les deux autres par les bouches de têtes d'anges et termine sa course dans le bassin.
Face à nous (devant l'église), une croix à fleurons surmontée d'un crucifix.

L'église St Jean Baptiste fut édifiée entre 1420 et 1513. Elle fut sinistrée trois fois par des incendies (au 17ème siècle, en 1925 et en 1955). Heureusement les reliques furent préservées.

En 1990, eut lieu l'inauguration des nouveaux vitraux :

Réalisés par Louis-René Petit, peintre verrier qui a utilisé différentes technique de traitement du verre pour obtenir des textures et des transparences variables, dissociant la couleur du graphisme du plomb. C'est moderne, surprenant dans un tel lieu, mais fort joli à regarder.

Les ossuaires :
La capacité du cimetière étant limitée, les reliques des défunts étaient déposées dans des ossuaires :
- l'un du 15ème siècle, niché dans les contreforts de l'église :
- l'autre édifié en 1618, indépendant :
et à l'intérieur duquel se trouvent une très belle frise de bois sculpté :
Jouxtant l'enclos paroissial, se trouve la "maison du gouvernement" ou "grande maison de Saint Jean", construite en 1562 et agrandie au 17ème siècle. C'était la résidence du gouvernement ecclésiastique de la chapelle de St Jean Baptiste qui était chargé entre autre de relever les offrandes sur un "papier journal". Devenue bien national en 1791, sous la révolution, elle est vendue ensuite à un particulier.
Voilà, notre séjour s'achève, mais comme on a pas encore tout vu, c'est promis, on reviendra ;-))))
Pour terminer, quelques photos prises chez nos hôtes pour vous montrer combien leur cadre de vie est agréable :
La maison (qui est un moulin à eau du 17ème siècle) niché au milieu de la verdure
Le très beau saule situé face à la maison, et qui fait le bonheur des enfants qui grimpent dedans les jours d'été ! 
La vue depuis le devant de la maison... la mer n'est vraiment pas loin...
Pause café avant de partir en balade... qui a dit qu'il pleuvait tout le temps en Bretagne ?
Retour d'une grande balade... Petit d'Homme se repose. Il se la pète un peu dans la bibliothèque, vous ne trouvez pas ?
Et voilà, c'est fini, dernier apéro au coin du feu... 
Un grand merci à nos hôtes pour ce séjour qui nous a énormément plu, vous l'aurez compris !