Elle fut fondée en 1138 par Raymond Trencavel, Vicomte de Béziers. Durant les deux siècles qui suivirent, elle fut l'une des plus riches abbayes du sud de la France. A l'origine elle suit l'ordre des Bénédictins, mais très vite elle demande son rattachement à l'ordre cistercien.
Elle subit d'importants dégâts lors de la guerre de cent ans, puis lors de la révolution. Les derniers moines quittèrent l'abbaye en 1789, elle fut ensuite saccagée.
Confisquée comme bien national, elle fut vendue avant d'être acquise par le Comte de Turenne. Aujourd'hui encore, elle appartient à ses descendants qui habitent le logis.
Classée aux Monuments Historiques en 1947, elle fut constamment restaurée et a ouvert ses portes au public en 1975. Elle est entourée de 58 hectares de vignes, dont le vin labellisé "bio" est commercialisé dans la boutique de l'abbaye.
L'église actuelle, de style gothique classique, fut reconstruite en 1257 sur les ruines de l'ancienne église beaucoup plus petite. En effet, celle-ci mesure 83 mètres de long et 24,5 mètres de haut.
Elle a la particularité d'abriter d'énormes foudres (vides aujourd'hui) car elle fut convertie en chai après la Révolution (19 foudres de Russie furent installés, et jamais retirés, ce qui l'a parait-il, sauvée des bombardements lors de la dernière guerre).
Heureusement que l'Homme est là pour remettre les choses d'aplomb ;-)
Nous arrivons au cloître avec, à gauche, l'entrée de la salle capitulaire,
où l'on peut voir, entre les baies, de superbes vases du Cardinal de Bonzi finement sculptés :
Le jardin du cloître, et l'espace qui abrite la fontaine-lavabo que nous découvrirons un peu plus tard.
Il faut savoir que les Cisterciens, qui suivaient les règles de Saint Benoît, ne devaient pas sortir de leur monastère.
Enserré de quatre galeries, ce préau leur permettait ainsi de voir le ciel bleu et un peu de verdure.
Nous entrons dans la salle des frères convers qui fut restaurée au 19ème siècle. Les murs et le sol sont richement décorés et au centre, on peut voir une magnifique cheminée renaissance.
Jouxtant cette vaste salle, une pièce de dimension plus modeste accueille un piano, car des événements sont périodiquement organisés au sein de l'abbaye. L'Homme ne résiste pas à l'appel des notes...
La fontaine-lavabo, située devant le réfectoire, permettait aux moines de se "purifier les mains" avant de se restaurer. L'eau, très pure, provient de la source de Diane, qui alimente toute l'abbaye avant d'aller se perdre dans l'étang de Thau.
Le "clocher-mur" est typique de la région toulousaine et comporte 3 ouvertures pour les cloches : Marie, Louise et Suzanne. Il est flanqué de deux tours fortifiées, l'une ronde et l'autre octogonale (que l'on verra un peu plus bas, depuis le jardin).
Nous passons dans une pièce où sont exposés d'anciens matériels vinicoles.
Puis nous terminons la visite par le jardin médiéval et le potager.
On y retrouve les "simples" utilisés par les moines pour élaborer les potions : thym, camomille, menthe, verveine, benoîte.... mais aussi des fleurs qui servaient à décorer les autels (roses, glaïeuls, bleuets, lys...).
Dans le potager, on retrouve épinards, poireaux, mais également toute sorte de condiments : ail, persil, ciboulette et forcément basilic. Tandis qu'au verger, s'épanouissent pommiers, pruniers et abricotiers (d'ici on a une très jolie vue sur le clocher-mur et ses tours médiévales).
Sans oublier la célèbre lavande, aux multiples utilisations, dont l'une (et non des moindres) est de fournir aux abeilles le pollen nécessaire à l'élaboration d'un miel savoureux. D'ailleurs, les moines ont été parmi les premiers apiculteurs en France. Au Moyen-Age, ils appelaient les abeilles des "mouches à miel".C'était la minute de l'apicultrice !
Notre prochain rendez-vous sera le dernier de notre périple méditerranéen. Je vous livrerai quelques photos "coup de cœur" de notre séjour,

















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